Yves & Olivia
12 mars 2018

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  • Yakoutia : Billet d’humeur no.2

    Vite, vite vite !
    Ou vont tous ces gens pressés que je croise ? Après quoi courent-ils ? Contre quoi, contre qui se débattent-ils ?
    Au retour de Yakoutie, je suis étonnée ; je suis peinée ; je suis presque contrariée de voir tant de gens essoufflés autour de moi. La tête basse, le regard fuyant, ils n’arrêtent plus de se dépêcher. Les rendez-vous s’accumulent. Les mille “obligations” s’enchevêtrent. Le travail, les enfants, les horaires !
    Ca y est, le quotidien a fait son oeuvre ! Il a pris le pouvoir sur nos vies ! Il nous oblige. Il nous empêche. Il nous entrave. Il nous presse.
    Il nous faut “faire” pour nous sentir exister ; socialement, personnellement, professionnellement.
    Nous nous débattons pour trouver ne serait-ce qu’un peu d’oxygène dans ce mode de vie oppressant ! Nous nous évertuons à essayer d’aller plus vite que le temps qui passe.
    N’est-ce pas peine perdue ?
    En Yakoutie, notre rapport aux choses, à l’espace; au temps qui passe, change. Forcément.
    Lorsque les conditions de vies se durcissent, on se voit obligé de changer de mode de fonctionnement.
    Ici, on ne court pas. Comment le pourrait-on ? En dessous de -42, -43 et même bien avant, plus la peine d’essayer de se dépêcher ; de “faire vite”. Les mouvements sont plus lents, le souffle, s’il n’est pas coupé, est plus contraint ; les pas sont plus lourds.
    Non, ce n’est pas de la nonchalance, ni de la paresse.
    Ici, c’est la nature qui décide de notre sort.
    Ici, rien ne se fait par hasard. Chaque mouvement, chaque action, chaque déplacement doit être réfléchi. On n’a pas le droit à l’erreur. Tout de suite, le froid nous saisirait ! La pression de ses griffes se ferait de plus en plus forte !
    Non, le risque est décidément trop grand ! Celui de perdre ses mains. Celui de perdre son nez.
    Alors, on réfléchit ! Alors on “fait” oui, mais toujours de façon mesurée. La précipitation n’est pas de mise en Yakoutie.
    Pas la peine donc de se battre contre le temps qui passe. Quoi qu’il arrive, le bougre finira toujours par passer plus vite que nous. Mieux vaut réviser ses occupations à la baisse. Ici, le superflu n’a pas sa place. L’énergie dépensée simplement pour vivre est colossale ! Ici, on se limite à l’essentiel. Et ça fait un bien fou !
    Ou en êtes-vous dans vos emplois du temps ?
    Etes-vous sûrs d’y avoir intégré “l’essentiel” ?
    Et si vous et moi nous décidions aujourd’hui de nous débarrasser du superflu qui encombre nos vies ? Faisons le tri et gardons du temps pour les choses vraiment importantes… Pour les gens qu’on aime !
    Vous êtes prêts ?
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