Yves & Olivia
3200km en Sibérie, sur la route des goulags

Never Never

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Un couple

Je m’appelle Yves Chaloin, je suis né à Sospel, dans les Alpes maritimes. Je prépare mon septième voyage à vélo. Il aura lieu l’hiver 2017 2018.

Cette fois-ci Olivia mon épouse, née en Colombie et suissesse d’adoption, tiendra la caméra. Olivia a fait avec moi le plus long et le plus difficile des six premiers voyages.

Préparation

J’ai trois expériences de voyage hivernal, deux avec Olivia et une en solo.

  • Hiver 2009, nous partons en Laponie avec Olivia, faire un raid en traîneau à chiens encadré par Gilles Elkaïm, aventurier spécialiste du grand nord (expéditions Arktika en 2000/2004 et Arktika 2 en cours) (la température moyenne est de -20°C, la plus basse -42°C).
  • Décembre 2010, nous partons avec Olivia en tandem au Cap Nord (moyenne -20°C, mini -34°C).
  • Décembre 2012, je traverse la Suède à vélo, seul (moyenne -8°C, mini -22°C).

J’ai traversé la Russie en été d’est en ouest en 2002. Je parle le russe suffisamment pour me débrouiller.

La date

Je prévois de partir en décembre 2017. En attendant, je multiplie les sorties hivernales pour me réhabituer { ce type d’effort. Ce serait une erreur de croire que d’avoir voyagé en hiver il y a quatre ans est une garantie suffisante, ça ne l’est pas.

Comme le disait un finlandais taillé dans le roc rencontré par une température proche de -25°C : « On ne s’habitue pas au froid, c’est une claque en pleine figure à chaque début d’hiver. »

Un projet

Traverser en hiver à vélo l’une des régions les plus froides du monde, soit 3200 km entre Never et Magadan dans l’est de la Sibérie. Never est une petite ville, à mi-chemin entre Irkoutsk et Vladivostok. Je prendrai le Transsibérien jusqu’à Bamovskaya, la gare la plus proche, avant de rejoindre Never où commence l’itinéraire à vélo. C’est la M56, la route vers le nord en direction de Iakoutsk, où me rejoindra Olivia.

Ensuite, il y a deux possibilités : la route la plus au nord par Ust Nera ou « la Route des os » plus au sud, construite avec pour soubassement les os des prisonniers soviétiques morts sur le chantier. Celle-ci passe à Oïmiakom, la ville la plus froide du monde (-67,8°C). En dessous de -50°C les enfants ne vont plus { l’école et j’essayerai de trouver un abri pour ne pas rester sur le vélo. L’itinéraire prend fin à Magadan, au bord de la mer d’Okhotsk. Là je compte embarquer sur un bateau pour Vladivostok pour y reprendre le Transsibérien et rentrer.

Le matériel

Je dispose d’une partie du matériel : sac de couchage, peaux de rennes, chapka et moufles en renard polaire (fabriquées artisanalement en Laponie), veste à capuche tunnel, vélo (graisse basses températures, pneus à clous). Je dois encore acquérir une partie des vêtements, une tente, le matériel de prise de vue, un réchaud à bois, le thermomètre, un téléphone satellite* et des accessoires.

* Normalement je n’emporte pas de téléphone, mais cette fois-ci je vais déroger à la règle.

Deux vies

J’ai deux vies. Dans la première, j’ai un travail, une maison, un téléphone et je manque de temps ; dans la deuxième, je déplie des cartes et tous les trois ou quatre ans, je mets la roue avant du vélo face à l’est et je pars. Cette deuxième vie est celle qui me passionne. J’ai la chance de la partager avec Olivia. Je ne pars pas pour ceci ou pour cela, je pars parce que j’aime être sur un vélo, dans la nature, franchir des frontières et vivre dehors.

A vélo, j’aime tout ce qui est technique : traverser des massifs montagneux, des grandes plaines et des régions désertiques, grimper des grands cols,
aller dans des régions isolées, rouler de nuit,
face au vent et surtout dans le froid.

En hiver tout est difficile, même les gestes les plus simples. En dessous de -30°C, il n’y a plus de droit { l’erreur, il faut anticiper pour ne pas subir. Voyager dans le froid est tactique, c’est un jeu.

En Sibérie, il y a peu de villes, peu de villages et partout des montagnes (russes). Les tempéra- tures peuvent varier de -20°C à -50°C et parfois moins (-59°C à Iakoutsk le mardi 3 janvier 2017). C’est pour cela qu’en fonction des conditions, ce voyage peut se dérouler sans problème majeur ou devenir très difficile.

La passion du voyage

On me demande souvent pourquoi partir en Sibérie en hiver. Je ne crois pas qu’il faille justifier ses envies de voyage, même quand elles paraissent étranges. J’aime les itinéraires difficiles à vélo. C’est assez naturel, quel que soit le domaine, de chercher la difficulté quand on a un peu d’expérience. C’est ce que font les musiciens, les acteurs, les sportifs … ça n’est pas différent pour moi.

Pour partir à vélo, il faut une envie ancrée au fond de soi. On entre alors dans un monde où l’effort quotidien se vit sans contrainte, où les kilomètres se font un par un, où l’on ressent chaque degré de pente et de température, chaque souffle de vent. On donne beaucoup de soi pour atteindre un but immatériel et obsédant qui n’est rien de plus qu’un trait sur une carte, mais qui apporte d’immenses satisfactions. Le voyage est une autre vie, plutôt simple, il suffit d’accrocher les sacoches sur le vélo chaque matin et de pédaler, de trouver de quoi boire, de quoi manger et où dormir. Et puis on ramène des images qui emporteront peut-être quelques gamins rêveurs vers ces mêmes horizons que chaque voyageur à chaque génération, découvre comme un pionnier.

L’envie de voyager est née dans mon imaginaire d’enfant, quand je regardais les sommets qui dominent Saint-Jean de Maurienne, tour { tour champion de ski, alpiniste ou explorateur. Aujourd’hui je regarde avec la même fascination l’horizon, cette ligne imaginaire derrière laquelle s’ouvrent toutes les routes du monde. J’ai encore envie de partir. Choisir des conditions difficiles permet d’apprendre et de découvrir … apprendre à rouler par toutes conditions. Il y a une continuité et presque une évidence entre mes précédents voyages et ce projet. Me complaire dans le froid ne surprendrait personne si j’étais alpiniste ou skieur de fond, je suis cycliste et la Sibérie offre un terrain sans limites à mes envies de nature.

Patience

La réussite d’un projet sportif est incertaine. Elle demande de l’envie, de l’obstination, des échecs et du temps. Il faut apprendre à se relever après les chutes, à prendre l’énergie dans ses passions et à regarder au-dessus de l’horizon pour ne pas perdre de vue son objectif. Il faut avancer par tous les temps, aller chercher l’objet de ses rêves avec optimisme et s’enthousiasmer pour un but lointain qui donne le vertige.

Olivia me rejoindra à Iakoutsk pour faire des images et écrire.

Je pense à ce voyage depuis quatre ans. Olivia ne sera pas sur le vélo. Elle « saute un tour » parce que c’est une fille du soleil et qu’elle prépare le « Paris Brest Paris » de 2019, mais nous avons d’autres rendez-vous ensemble sur les routes du monde.

Si je dois un jour arrêter de voyager, il faudra que chaque pièce de mon corps ait servi, que tout soit usé, que je n’aie plus une articulation à maltraiter et plus un Newton à dépenser. Ce jour là, je pourrai m’asseoir dans un canapé et regarder le Tour de France à la télévision …

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